29 juillet 2005

On va bien, tout va bien...

Youpi ! Le chômage a connu au mois de juin une baisse "significative". La France ne compte désormais plus que 10,1% de chômeurs contre 10,2% le mois d'avant. Bon, les esprits chagrins vont encore dire que cela fait l'effet d'une flatulence de mouche, mais quand même, c'est encourageant, non ?
Non. Car la majorité des 35.000 postes pourvus sont des "emplois aidés". Aidés par qui ? Par l'Etat bien sûr. C'est à dire par nous tous, au même titre que l'on "aide" au paiement de l'allocation chômage.
Il ne s'agit donc pas de vrais emplois mais plutôt de chômage déguisé. Ou, si on veut vraiment être optimiste, de la création en loucedé de postes de simili-fonctionnaires (quoique la notion de génération spontanée de fonctionnaires aurait plutôt tendance à me déprimer). Bref, en tout cas, ce ne sont pas de vrais emplois.

Parce que les vrais emplois, les emplois librement consentis, qui ne coûtent rien à la société et créent des richesses, c'est dans le secteur marchand qu'on les trouve. Or, le secteur marchand, lui, ne créé plus d'emplois depuis longtemps. Entre embaucher et payer des taxes pour bien garder tout le monde au chômage, on ne peut pas tout faire.

28 juillet 2005

Des agriculteurs rackettent un supermarché

Une trentaine d'excités viennent de saccager les rayons de fruits et légumes d'un supermarché Lidl dans le sud de la France. S'agissant de n'importe qui, l'affaire aurait vite été classée. Or, il s'agit là d'agriculteurs, venus pour la plupart du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône. Alors forcément, on leur tend un micro : ces gens là ont sûrement une revendication, et tout le monde sait qu'en France, le saccage et la violence sont des modes d'expression parfaitement justifiés lorsqu'on a une revendication (demandez à notre ami José "ami des pauvres mais pas trop" Bové).

Et ils en ont une, bien sûr ! Leur problème, donc, c'est que le supermarché, au lieu d'acheter leurs produits, a l'audace d'aller se fournir en Afrique du Sud. Parce que figurez-vous que là bas, les producteurs sont capables d'offrir des tarifs plus avantageux que nos paysans locaux (malgré les taxes de douane et les frais de transport, cherchez l'erreur).

Dans l'esprit un peu encombré (ou pas assez) de nos agriculteurs, les supermarchés ne sont donc là que pour écouler leur marchandise, quel qu'en soit le prix. Et s'ils refusent, et bien ce sera le saccage, vous aurez été prévenus. Le porte-parole de cette pathétique meute est allé jusqu'à s'humilier au micro de France Info en racontant que "Lidl est un mauvais élève depuis longtemps, on l'avait déjà à l'oeil et s'il persiste on reviendra".
Bravo Brutus, voici une jolie façon de voir la liberté. Moi, ça me rappelle plutôt le racket organisé (dans le genre "achètes ma came et pour le même prix t'auras pas d'ennui").
Bref, coupable d'avoir cherché à offrir les meilleurs prix à ses clients, Lidl a été condamné par un tribunal populaire et les tomates furent promptement exécutées. Bravo. Le peuple reconnaissant vous dit merci.

Peu importe à ces Zorro de la figue que les clients de Lidl, souvent des ménages à faibles revenus, préfèrent des produits très bon marché aux fraises (peut-être) plus goûteuses mais aussi plus chères qu'ils proposent. D'ailleurs, peu leur importe tout court. Leur but est simplement de forcer les supermarchés à écouler leur came. Rien à faire des consommateurs, rien à faire de leurs confrères Africains qui sont, eux, bien contents de pouvoir vendre en France (la solidarité, c'est bien connu, est une notion à géométrie variable), rien à faire non plus de la notion de liberté ou de libre choix, bref, rien à faire hormis venir déverser sa bile et son ignorance au milieu des plateaux de pêches et des salades pas cher.

La vraie question que nos amis au front bas auraient pu se poser, c'est de savoir pourquoi des producteurs au bout du monde, malgré les taxes et les frais que subissent leurs produits, parviennent à être moins chers qu'eux. Eux dont les produits poussent pourtant à quelques kilomètres de là, qui ne sont pas injustement taxés durant le voyage et qui bénéficient en plus d'aides financières.
En cherchant bien, ils auraient pu découvrir que le responsable de leurs maux n'est pas le supermarché, mais notre société ultra-taxée, rackettée par l'Etat au point qu'il devient impossible d'entreprendre, de produire ou d'embaucher.
Que l'Etat arrête de se sucrer sur leur dos, et leurs produits seront certainement plus compétitifs (*). Et ils pourraient passer du temps à les faire pousser au lieu d'aller se ridiculiser en étalant leur ignorance et leur haine.

* : certes toujours plus chers, car le niveau de vie entre les deux pays n'est pas le même. Mais la différence de prix pourrait alors plus facilement se justifier, notamment par une différence de qualité (les produits ne mûrissent pas en soute, sont livrés plus rapidement, l'offre est plus variée et peut présenter des variétés locales, etc...). Aujourd'hui, même si ces critères existent, la différence de prix est telle qu'elle ne se justifie qu'artificiellement par une taxation abusive.