La réalité dépasse parfois la fiction. Mais il est certaines fictions qui donnent la nausée. Façon
snuff movie syndical. Témoin les péripéties maintenant bien connues vécues en mai dernier au centre de tri postal de Bègles, en Gironde.
Parce qu'ils n'acceptaient pas que la Direction de la Poste applique un plan de réorganisation qui aurait conduit à supprimer une quarantaine d'emplois dans le centre de tri, les syndicats (tous gauchistes, bien sûr) en sont revenus aux seules méthodes que leur idéologie reconnaît : la violence.
Une soixantaine de syndicalistes ont donc retenus en otage le directeur du centre et quatre cadres. Avec interdiction de manger ou d'aller au toilettes selon un porte-parole de la Poste. Et cette farce a durée vingt heures. Au point qu'il a fallu l'intervention du GIPN pour libérer les otages de ces révolutionnaires de pacotille.
L'affaire est bien connue, et ses suites aussi : sur tous les preneurs d'otages quatorze seulement font l'objet d'une enquête administrative. A ce jour, neuf - qui avaient le privilège d'être fonctionnaires - ont étés temporairement mis à pied ou déplacés. Le dernier, contractuel de droit privé, a été licencié. Par ailleurs, neuf syndicalistes devront faire face à des poursuites judiciaires.
Notons au passage le privilège extraordinaire dont bénéficient les fonctionnaires (et syndicalistes), qui ne peuvent pas perdre leur emploi en dépit des pires outrages.
Bon, soyons honnête, dans ce cas précis l'immunité est plutôt un handicap : lorsqu'ils sont exclus temporairement, jusqu'à deux ans pour certains dans cette affaire, les fonctionnaires ne touchent aucun salaire ni aucune indemnité chômage et ne peuvent faire une demande de RMI qu'au bout de trois mois, et sans garantie d'acceptation du dossier (encore heureux !). De quoi préférer un contrat de droit privé et aller se chercher tout de suite un nouvel emploi !
Voilà pour l'affaire. Maintenant, passons au plus amusant (ou au plus gerbant, c'est selon) : les réactions des organisations syndicales. Tous ces
dictateurs en puissance défenseurs des droits de l'Homme se sont bien sûr empressés de dénoncer l'intervention des "
robocops du GIGN", cette "
grave atteinte au droit syndical", et j'en passe des plus succulentes. Ils auraient préféré, bien sûr, que l'on laisse leurs cinq victimes crever dans leurs selles.
Voilà qui offre, pour ceux qui n'auraient toujours pas saisi, une vue panoramique du vrai visage de ces
dictateurs en puissance défenseurs des droits de l'Homme :
- Le syndicaliste est persuadé oeuvrer pour une cause Sainte au delà de la loi des Hommes. Il peut donc battre, détruire, voler et humilier : s'il est persuadé que c'est pour une bonne cause il n'envisagera pas une seconde faire quelque chose de mal. Et ses amis
cafards syndicalistes deviendront très méchants s'il doit par le plus grand des hasards assumer la responsabilité de ses actes devant un tribunal.
- Le syndicaliste ne respecte pas l'Homme. Il respecte d'abord son idéologie. Tout cafard, chien ou être humain qui s'y oppose pourra faire l'objet de violences ou d'humiliations légitimes.
- Le syndicaliste sait ce qui est bien pour vous. Mais vous, peuple abruti, ne le savez pas. C'est donc au
cafard syndicaliste de se battre pour vous. Détruire un MacDo ou des champs de recherche OGM, saccager les pêches étrangères (*)... tout cela il le fait pour votre bien, ingrat ! Peu importe que vous aimiez le MacDo ou les pêches étrangères.
- Le syndicaliste est le véritable propriétaire du service public. C'est lui qui en gère le budget, qui décide des réductions de personnels, des embauches et de l'organisation. Vous n'alliez tout de même pas croire que le service public appartient à tous les citoyens via des représentants démocratiquement élus ? Non, le syndicat se méfie de la démocratie, ce n'est pas bien pour vous. Alors il tient à gérer le service public lui-même. Quitte à couper le courant aux gens qui se sont exprimés contre lui ou à retenir en otage le directeur d'un centre de tri postal lorsqu'il s'apprête à mettre en oeuvre un plan de réduction des
parasites effectifs décidé démocratiquement.
Voilà donc qui sont véritablement nos
dictateurs syndicalistes nationaux. Pourquoi "nationaux" ? Parce que le syndicalisme gauchiste dont nous sommes affublés n'est pas une fatalité. Nos voisins étrangers ont parfois la chance d'avoir de vrais syndicats : des associations de salariés, non politisées, dont l'objectif est uniquement de représenter les employés lors des discussions avec les patrons. Point. Voilà ce qui est le travail d'un vrai syndicat. En Suède, par exemple, 90% des salariés sont syndiqués. Et la Suède est pourtant
le petit laboratoire libéral d'Europe (qui marche fort bien, merci).
Au lieu de cela, nous avons en France des organisations syndicales ultra-politisées, le plus souvent d'extrême gauche, dont le seul objectif est la défense de leur idéologie marxiste, gauchisante et anti-libérale (oui, je sais, le puriste viendra objecter que tous les syndicats ne se réclament pas des thèses marxistes. Mais comme tous les ruisseaux se jettent un jour ou l'autre à la mer, toutes les thèses gauchisantes, collectivistes, anti-patronales et anti-libérales se raccrochent un jour au cadavre flottant du marxisme).
Et cela explique beaucoup le comportement de nos syndicats : mus par une idéologie qui nie fondamentalement la liberté individuelle, défendant un modèle de société qui a systématiquement conduit à la dictature (et la famine, mais c'est une autre histoire), nos syndicats gauchistes ne peuvent pas adopter une autre attitude. Nourris du rêve absurde d'une Révolution durant laquelle ils soumettraient le peuple à leurs délires après avoir pendu les patrons et les curés par les tripes, le dialogue (le vrai, celui à double sens) est pour eux une notion très lointaine.
Mais ne me croyez pas sur parole. Plutôt que d'en rester sur ce billet d'humeur excité, franchement anti-syndicaliste et, ma foi, bien peu argumenté, lisez plutôt l'excellent ouvrage de Bernard Zimmern,
La dictature des syndicats. Il y livre un travail parfaitement argumenté, chiffres et témoignages à l'appui, afin de démontrer comment nos
dictateurs syndicats empêchent tout progrès social et économique.

* : par honnêteté , reconnaissons que la destruction de fruits et légumes étrangers est parfois aussi l'oeuvre de syndicats de droite tels la FNSEA, dont les membres vivent des subventions de la PAC au même titre que les autres. Mais nos amis
Bovétistes ne se privent pas non plus de détruire les produits des petits agriculteurs étrangers qu'ils se vantent tant de défendre par ailleurs.