21 janvier 2006

Libé, du journalisme. Du vrai.


Cela fait un moment que Libé a cessé d'être un quotidien d'information national pour dériver vers l'outil de propagande gauchiste.
C'était même devenu un jeu de chercher dans chaque numéro les attaques anti-libérales (et anticapitalistes, anti-Sarko, anti-Israéliennes, anti-Américaines, etc...) les plus chargées en mauvaise foi (attention au foie, justement ! Le journaliste de Libé est généralement rouge sévère, façon 68°, il faut tenir le choc).

Bien sûr, de telles piques idéologiques apparaissent dans des articles où elles n'ont rien à y faire, quand ce n'est pas l'article lui-même qui n'a strictement rien à voir avec l'actualité. Sinon ça serait pas marrant.
Cela me rappelle un défi que l'on se lance dans les rédactions : "tu n'es pas cap' de glisser le mot mononucléose dans ton papier sur la hausse du CAC 40".
Bon, soyons honnête : chez Libé, ce n'est plus un défi, c'est plutôt le produit d'un bon lavage de cerveau. Du genre à pousser les petits soldats de la rédaction à essayer de caser bêtement leur mantra dans tous les papiers ("le capitalisme c'est caca, le capitalisme c'est...").

Pourtant, au début, le jeu était intéressant, même pour le libéral désoeuvré. C'était un peu comme une chasse aux truffes, un Pâque permanent dans le jardin de la mauvaise foi gauchiste.
C'est hélas désormais devenu trop facile tellement Libé vire au rouge bête. Le jeu en devient donc aujourd'hui aussi chiant que la lecture du journal lui-même.

Des exemples ? Citons de mémoire cet excellent papier qui titrait, en substance, "La faillite du modèle libéral Suédois". De quoi rendre tout chose dans son slip le lecteur de Libé moyen. "Enfin, la vitrine Libérale se casse la gueule, il n'est pas trop tôt !", s'est probablement exclamé l'abonné Révolutionnaire frustré.
Las, la lecture du papier, en revanche, a du en faire déchanter plus d'un. L'article se contentait d'expliquer que le patron d'une société de fourniture d'électricité Suédoise était parti avec la caisse et avait été arrêté, puis jugé.
Toutes mes condoléances aux lecteurs frustrés, le modèle libéral Suédois se porte très bien, merci. Bien mieux que la pertinence des actus chez Libé.

On continue ? Le dernier cheval de bataille du quotidien, ce sont les "jeunes des banlieues" (et surtout comment ils sont les victimes du capitalisme, du libéralisme, de Sarko et des profits, bien sûr).
Avec toute la rigueur qu'on lui connaît, le quotidien publiait donc récemment une étude montrant que les jeunes des quartiers "riches" boivent eux aussi de l'alcool et, Louis XVI nous pardonne, prennent parfois de la drogue !
Ca c'est de l'info coco ! Ca mérite bien d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté, non ?

Poursuivant donc son travail d'investigation sur la jeunesse, Libé publie aujourd'hui une nouvelle enquête consacrée aux jeunes des banlieues. Mais sous l'angle de la mode vestimentaire et ses rapports à la séduction dans les cages d'escalier. On y apprend que les jeunes des classes moyennes qui s'habillent sportif ne sont que des "Français relâchés" et que dans les cités s'habiller à la mode de basketteur américain revient à se faire traiter de "suceur de Bush".

Résumons donc la vision du monde selon Libé : les jeunes bourgeois sont des dépravés tandis que ceux des banlieues sont des grands sensibles, attentifs à leur look pour mieux séduire.
Et bien sûr les citations soigneusement sélectionnées par Libé ajoutent, de manière subtile, l'inévitable message idéologique : classe moyenne bourgeoise s'abstenir, vous n'êtes que des "français relâchés". Et pour les jeunes des minorités, attention en adoptant le look américain : ça marche mieux avec les filles mais vous seriez alors des "suceurs de Bush" (une situation qui semblera familière : c'est ce que le marché veut, mais c'est pas bien idéologiquement).
Ah, et en parlant d'idéologie, j'ai failli rater cette pique là : l'article s'achève sur la citation d'une jeune fille gothique qui explique que "les marques, et consommer, c'est pas son truc". Quelle superbe porte-parole. Ou idiote utile ?

Vous allez me trouver vraiment de mauvaise foi, mais quitte à faire le pendant du papier précédent consacré aux excès des jeunes bourgeois, j'aurais plutôt parlé de ces filles brûlées vives ou violées dans les locaux poubelles, autre expression de la drague en banlieue qui, si elle est loin d'être systématique, n'en demeure pas moins une spécialité locale.

Mais c'est sûr, ça colle pas avec la ligne éditoriale du parti...