La lecture de Libération apporte chaque matin sa récolte d'exemples édifiants. Ils illustrent combien voter à gauche, c'est déménager des sphères de la raison pour aller dans l'éther des (im)possibles, sans autre considération pour les faits et la réalité.
Ca vous rappelle quelque chose ? Et oui, le parallèle avec les propos du Pape Benoît XVI vis-à-vis des musulmans est flagrant, et c'est pas très étonnant : être "de gauche", c'est aussi porter l'étendard d'une religion qui n'est pas basée sur la raison, mais qui fait plutôt passer l'idéologie, le sacré, avant tout le reste.
Prenons l'anti-Sarkozysme primaire dont fait preuve Libé. Que l'on apprécie ou non le bonhomme et ses idées, force est de constater que chacune de ses sorties très médiatisées ne choque que les élites et les intellectuels de gauche.
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Racailles" ? Nettoyer les cages d'escalier "
au Karchër" ? Rappeler que la police arrête des délinquants que la justice relâche joyeusement quelques heures plus tard ? Autant de termes et de constats qui sont des lieux communs de la rue, des épiceries et des dîners en famille depuis vingt ans. Et que les français, souvenez-vous, prenaient régulièrement en exemple pour fustiger le gouffre entre eux, pauvres bougres, et les politiques favorisés qu'ils imaginaient vivre dans une bulle loin des réalités.
Et voilà que lorsqu'un homme politique utilise le même langage et affirme avoir compris ces réalités (à raison ou par malice, je ne me prononcerai pas), on assiste à une levée de bouclier des gens de gauche. Les mêmes qui pourtant se targuent d'être des "gens du peuple", d'être eux au contact des réalités jusqu'au dernier recoin de la MJC de quartier.
Pourquoi une telle réaction alors ? Après tout, ils devraient être les mieux placés pour entendre cela ? Et bien non ! Car pour eux cela est du "populisme", et c'est mal.
Dire à la population ce qu'elle a envie d'entendre et utiliser les mêmes termes qu'elle est mal. On croit rêver, et cela montre parfaitement combien l'objectif de la gauche n'est surtout pas de nous comprendre, mais - et c'est pas nouveau - de faire "le bien du peuple malgré lui".
Car "le peuple" ne sait pas ce qui est bon pour lui, c'est bien connu.
Hélas, dans les faits, la gauche n'est pas avec le peuple. Elle est avant tout avec son idéologie. Le peuple, lui, n'est là que pour jouer le rôle qu'elle lui réserve (celui de l'opprimé qu'il faut soulever, forcément pauvre et qui doit surtout le rester sinon il ne sert plus la démonstration de l'idéologie).
Et si ce peuple s'écarte de sa partition obligatoire pour demander des choses concrètes qui sortent du cadre pré-défini de la gauche pour entrer en conflit avec d'autres pans de son idéologie (un meilleur contrôle de l'immigration, plus de sécurité, des juges qui fassent leur boulot, des réponses concrètes pour lutter contre des minorités qui nous emmerdent, le droit de travailler le dimanche si ça nous chante), et bien la gauche n'entend plus rien. Elle reste autiste, enfermée dans sa bulle rose, et hurle des slogans comme elle sait si bien le faire.
De toutes les réactions aux propos de Sarkozy, pas une posait la question de savoir si, par hasard, ce n'était pas le reflet de ce qu'attend une majorité de français. Si ce n'était, par hasard, un reflet de la réalité (77% des français estimeraient que la justice n'est pas assez sévère avec les délinquants, justement).
Non, la gauche se contente de rester dans ses sphères éthérées et de s'indigner sur la forme, sur l'usage de tel terme, ou sur le fait que Sarko ou De Villiers "chassent sur les terres du FN".
Ce que demandent les français ? On s'en fout. Ce qui compte, c'est ce qu'on a prévu de leur donner (enfin, "prévu", c'est un bien grand mot qui pourrait laisser croire à un programme).
De telles oeillères me fascinent et me laissent franchement perplexe. Mais autant s'en féliciter : ce n'est pas en se coupant ainsi du monde pour rester dans ses brumes idéologiques que la gauche reviendra aux affaires.
Et ça, il faut bien reconnaître que c'est carrément encourageant !