15 mars 2007

Racistes, les patrons ?


C'est en tout cas ce que l'on apprend à la lecture de Libération ce matin. Le quotidien se fait le plaisir de rapporter les résultats d'un "testing" réalisé par le Bureau International du Travail. Selon les chiffres, à cursus égal, 80% des employeurs auraient opté pour le candidat au nom à consonance locale plutôt que celui au nom d'origine maghrébine ou africaine.
Je n'approuve ni cette discrimination, ni la pratique stupide du testing, mais soit : les chiffres sont là et le BIT, émanation de l'ONU, est une source crédible.
Mais Libé d'ajouter que SOS racisme regrette que les résultats de ce testing ne soient pas utilisés pour poursuivre les entreprises en question. Et là, le chef d'entreprise que je suis s'offusque (si si !).
Et puis quoi encore ? C'est ma boîte, j'embauche qui je veux et je vous emmerde. En quoi une association prétendrait-elle peser sur mes embauches ? Sans compter que l'idée d'utiliser des fichiers ainsi constitués pour attaquer en justice des entreprises est particulièrement nauséabonde.

Mais cherchons plus loin la raison de ce souhait aberrant. Comme souvent avec un groupuscule essentiellement à gauche, les militants de SOS Racisme voient dans le patron une victime toute désignée, plutôt que de chercher une raison personnelle à leurs problèmes. Et comme pour toute préconisation de gauche, ses "solutions" s'assoient allègrement sur la liberté individuelle et se contentent de taxer ou menotter l'entreprise.

Pourtant, plutôt que de vouloir traiter les symptômes, si l'on se penchait sur la racine du problème ? Qu'est-ce qui fait que la vaste et tranquille majorité maghrébine de France souffre d'une telle mauvaise réputation, là où d'autres minorités n'ont pas eu besoin de trente ans pour s'intégrer ?
J'ai une idée : ce sont les crétins encapuchonnés qui nous gangrènent la vie depuis vingt ans. Mais admettre que le handicap objectif des personnes d'origine africaine ou maghrébine en France est en grande partie du à une ultra-minorité de voyous de même origine, c'est déjà beaucoup.
Et si en plus on doit reconnaître que cette minorité a pu prospérer grâce au laxisme des gens de gauche (et parfois même avec leur soutien actif : voir les manifs anti CPE ou les émeutes des banlieues fin 2005), forcément, ça fait mal aux fesses. Mieux vaut taper sur les patrons et les traiter de sales racistes, c'est tellement plus politiquement correct !

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