Ségolène Royal veut "un Etat CGT"

La rencontre Royal - Sarkozy hier soir ne fera peut-être pas changer les intentions de vote, mais elle aura au moins permis de dévoiler un pan sordide de la politique de Ségolène Royal : la promesse d'un Etat CGT.
Oui, je sais, rien que le nom fait peur !
C'est pourtant l'une des rares propositions sur laquelle la candidate socialiste a été précise. Je cite : "Il n'y aura plus de loi qui sera imposée dans le domaine social tant qu'il n'y aura pas eu de discussions entre les partenaires sociaux". Et notre sous-marin syndical en jupon de poursuivre en expliquant que la loi "viendra consolider ces discussions, apporter les financements nécessaires ou généraliser le droit du travail". L'Etat ne servira donc qu'à appliquer la Loi Syndicale.
S'il est élu, le Parti Socialiste compte ainsi "revendre" son pouvoir démocratiquement acquis. Il sera offert à des groupuscules qui n'ont, eux, jamais été élus, qui ne représentent personne sinon, pour certains, une idéologie totalitaire (la CGT par exemple) et, pire, qui sont des formations de blocage et non de gouvernement. C'est du lourd !
Et cette sordide affirmation n'est pas un accident : Ségolène Royal confirme qu'elle compte donner plus de place et plus de moyen à ces tristes totalitaires : "Les partenaires sociaux, parce que le syndicalisme aura été renforcé par le chèque syndical, par un crédit d'impôt, auront une responsabilité éminente".
Oui, l'Etat CGT est bien à l'horizon !
Je n'ai pourtant rien contre l'idée de renforcer le dialogue social. Mais seulement si, à l'image de pays libéraux du nord de l'Europe, les syndicats sont apolitiques, rassemblent 80 à 90% des salariés et s'inscrivent dans un processus démocratique ouvert. La France, avec ses syndicats politiques essentiellement Révolutionnaires et violents, désignés à vie par un texte datant de la fin de la seconde guerre mondiale, en est hélas très loin.
Dans ce telles condition, le vote Ségolène Royal est un vote dangereux, inconscient et surtout totalement anti-démocratique. Pensez-y dimanche prochain !
Ah, et avant de conclure, je ne résiste pas à vous livrer tel quel un extrait en passe de devenir culte du débat d'hier soir. Il illustre à lui tout seul la vacuité du programme socialiste. Incorrigible PS qui préfèrera toujours les bons sentiments approximatifs aux propositions chiffrées et concrètes. Cela se passe de commentaire !
Nicolas Sarkozy: Votre taxe est à peu près de combien ?
Ségolène Royal: Cette taxe sera au niveau de ce qui sera nécessaire pour faire de la justice sociale.
Nicolas Sarkozy: C'est une précision bouleversante. Vous ne pouvez pas donner de chiffre ?
Ségolène Royal: Non.
Nicolas Sarkozy: C'est votre droit...
Ségolène Royal: Oui, c'est mon droit, car la relance de la croissance économique va permettre des cotisations supplémentaires.
Nicolas Sarkozy: Vous créez une taxe sans dire son montant et l'espérance de recette ?
Ségolène Royal: Oui.
Nicolas Sarkozy: Avec cela, on est tranquille pour l'équilibre de nos régimes de retraite !
Ségolène Royal: Oui, car j'ai une recette. Ce que je veux dire sur cette question des retraites, c'est que c'est une question essentielle. Pourquoi ? Car c'est la solidarité entre générations.

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