28 juin 2007

Marquage à la culotte


Je suis assez partagé quant à l'initiative de "Shadow Government" à la française voulue par le Parti Socialiste. L'idée en soit n'est pas mauvaise : assurer un vrai marquage à la culotte du gouvernement en place, c'est plutôt malin. Cela permet à l'opposition d'avoir une connaissance fine et suivie des sujets, et d'être ainsi concrètement impliquée dans la vie politique du pays. Que chaque ministre en place soit marqué par un adversaire chargé d'être le spécialiste de son sujet au sein l'opposition, voilà qui pourrait en effet contribuer à ramener le PS sur le terrain de la réalité et des propositions.

Oui mais voilà, si ça marche chez les autres, c'est peut-être qu'ils n'ont pas notre PS à nous, chez eux ! Qu'ils n'ont pas nos Hollande, Royal ou Dray. Qu'ils n'ont pas une opposition socialiste avant d'être citoyenne.

Tout juste annoncé, le projet divise déjà le PS, que l'on croyait pourtant incapable de se diviser encore plus. Et puis il affiche sans gloire ce qu'aurait pu être le gouvernement - le vrai, celui-là - d'un PS victorieux : une parité défaillante, pas d'ouverture à la "diversité"...La formation fait bien pâle figure à côté du modèle qu'elle essaie de répliquer.

C'était donc une bonne idée en soit, qui marche chez les autres, mais qui mérite une autre opposition. Une vraie, une opposition professionnelle, dont les objectifs sont de peser de manière constructive sur les choix du pays. Et pas un ersatz de militants socialistes qui s'entre-déchirent, incapables de se remettre en question, d'être constructifs avant d'être militants de gauche.

En l'état, je ne peux m'empêcher de voir ce "shadow government" comme une simple agitation de cour d'école, dans le genre "Même qu'on dirait qu'on avait gagné les élections et qu'on ferait notre gouvernement à nous". Et pourtant, pas bégueule, je souhaite que le projet soit un succès. Après tout, s'il y a des gens réalistes au PS, ils méritent de réussir !

23 juin 2007

Le PCF face au principe de réalité


Lu à l'instant dans le Journal du Dimanche :

"Le PCF n'exclut pas de "réduire la voilure" comme "toute entreprise". En cas de difficultés financières, ce sont les 55 permanents qui travaillent en son siège qui pourraient en faire les frais. "Les postes ne seront pas supprimés", assure Jean-Louis Frostin, qui évoque des "redéploiements de personnels", des "aides au reclassement", "des plans de formation" et "des départs en retraite" prévus."

Bref, ces mêmes méthodes que le PCF a longtemps huées chez les autres - qu'ils fassent du profit ou non - deviennent soudain nécessaires et utiles pour assurer la survie du Parti.

Ca s'appelle "le principe de réalité", et les idées de gauche n'y résistent généralement pas. La preuve.

10 juin 2007

La question du jour...

Question : "A supposer que le néolibéralisme soit le noeud du problème, pourquoi n'y a-t-il aucune force politique en Europe capable de remporter une élection sur la base d'un programme antilibéral ?"

(extrait d'une excellente et limpide interview de Zaki Laïdi dans le quotidien Le Monde)