01 août 2007

Droit de grève et étalage de mauvaise foi


Quel étalage de mauvaise foi ! La gauche et ses sbires syndiqués ne sort pas grandie du pseudo-débat autour du service minimum et du droit de grève. Elle persiste à aligner vieilles lunes gauchistes et autres poncifs injustifiables sans dévier de son missel idéologique.

Les arguments idéologiques

Personne ne cherche à remettre en question le droit de grève, comme le clament les syndicalistes ulcérés (mais quand ne le sont-ils pas ?). En revanche, il était temps de remettre en question les abus du droit de grève, dont nos cégétistes se sont faits une spécialité culturelle.

Car la grève, c'est avant tout l'action ponctuelle de salariés qui unissent leurs voix afin de s'opposer à leur dirigeant. L'objectif est alors de faire valoir leurs revendications dans le cadre d'un différent précis et identifié.

Or, que pratique la CGT et les autres gauchistes que nous supportons depuis trop longtemps ? La grève en tant qu'arme de combat contre tout ce qui ne colle pas avec leur idéologie. Quelle justification sont données aux mouvements de grande ampleur ? La "défense du service public", ou la "lutte contre les privatisations".

Pourtant, qui leur a demandé de "défendre le service public", ou de donner leur avis sur les privatisations ? Personne. C'est à l'Etat d'assurer les missions de service public et de décider de ses évolutions. L'Etat, c'est un gouvernement élu démocratiquement. Ce n'est pas le cas des syndicats, qui ne représentent rien ni personne et n'ont aucune légitimité démocratique.

L'Etat élu, pour remplir la mission de service public qui lui incombe, embauche des postiers, des cheminots, des gaziers et une myriade d'autres professionnels. Il leur est demandé de faire leur travail, et non de prétendre décider de ce que doit devenir le Service Public.

Les arguments statistiques

Autre argument mis en avant par les troupes gauchistes : ce texte ne servirait à rien car les grèves ne comptent que pour 3% des incidents dans les transports, alors que 97% sont dus à des problèmes techniques.

Hélas, le potentiel de nuisance de la CGT ne se mesure pas en nombre d'incidents, mais bien en durée d'indisponibilité du service public. On a rarement vu d'incident technique bloquer la quasi-totalité du trafic RER et SNCF pendant une semaine, ainsi que simultanément les routes et les facs à travers tout le pays. En revanche, des gauchistes, oui...

Les arguments mafieux

On le sait, la CGT, l'extrême gauche et tous leurs satellites idéologiques ont un souci avec la liberté individuelle. Et la dernière pierre d'achoppement du débat actuel vient rappeler cette triste réalité. Le texte prévoir un vote à bulletin secret 48h avant le mouvement pour décider de la grève.
Les gauchistes y sont bien entendu opposés : non seulement un vote démocratique leur retirerait le monopole de la décision d'entrer en grève, mais surtout le caractère secret de la chose les empêcherait d'exercer les pressions habituelles (et pas uniquement "amicales") sur les salariés qui refusent leur dictature.

Dans les faits, le texte introduit donc une véritable dose de démocratie dans ce qui est jusqu'à présent une dictature communiste. Le vote permettra à tous, syndiqués et non syndiqués, de s'exprimer librement et en toute sécurité. Une telle méthode risque fort de renverser l'issue des mouvements sociaux, car les syndicalistes sont largement minoritaires (ils ne représentent pas 10% des salariés).

En définitive, les tyrans minoritaires habitués à un pouvoir sans partage rejettent la démocratie. L'histoire n'est qu'un éternel recommencement !

Les arguments juridiques

La Constitution est claire : "Le droit de grève s'exerce dans le cadre des lois qui le règlementent" (préambule de la Constitution de 1946). Or, ce que fait le gouvernement aujourd'hui est tout simplement de préciser enfin les principes posés par la Constitution.

La grève est donc règlementée. Mais pas qu'en faveur des empêcheurs de circuler librement. La Loi reconnait, par exemple, le délit d'entrave : "Le fait d'entraver la liberté du travail, d'une manière concertée et à l'aide de menaces, est punie d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende. Ces sanctions sont élevées à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende si l'entrave s'accompagne de coups, de violences, de destructions ou dégradations...
En outre, les responsables peuvent être privés de certains droits (droit de vote...) ou se voir interdire d'exercer la profession dans le cadre de laquelle ils ont commis le délit d'entrave. En dehors des sanctions pénales, les responsables peuvent aussi être licenciés pour faute lourde et ce, même si ce sont des représentants du personnel.
".

Le site de la FNTC précise par ailleurs les conditions de ce délit d'entrave :

L'article 414 du code pénal tend à sauvegarder la liberté des travailleurs. Le délit d'entrave à la liberté du travail suppose la réalisation de deux conditions :
  • il faut qu'il y ait eu violence, voies de fait, menaces ou manceuvres frauduleuses (aspect matériel)

  • il faut que ces actes aient été commis dans le but de contraindre les travailleurs à participer à une interruption concertée de travail (aspect intentionnel).

Précisons enfin que les revendications habituelles telles que la défense du service public sont illégales. Le loi stipule en effet qu'une grève doit être motivée par des revendications précises, telles qu'une amélioration des salaires ou des conditions de travail.

En définitive ce sont les gauchistes qui ont raison : nul besoin de nouvelle loi, il suffirait d'appliquer celles existantes pour briser le pouvoir de nuisance des ces ultra-conservateurs imperméables à tout progrès. Espérons être désormais dotés d'un gouvernement qui en ait le courage...