De la haine et d'une presse aux ordres

Le déchainement de haine contre Nicolas Sarkozy me fascine. Qu'a donc pu faire notre président en huit mois à peine pour provoquer une telle colère ?
Comptez-moi dans parmi les adeptes de la théorie du complot. Pour moi Nicolas Sarkozy est surtout la victime d'un acharnement sans précédent localisé bien à gauche.
Après tout, c'est probablement une position moins stupide que d'affirmer qu'aucun avion ne s'est abattu sur le Pentagone ou que les américains n'ont jamais marché sur la lune, n'est-ce pas ?
Hélas ces deux dernières affirmations étant essentiellement anti-américaines, elles passeront probablement plus facilement en société. Paradoxal n'est-ce pas ? Affirmez des rumeurs solidement contredites par la totalité des historiens et des analystes, pour certaines depuis plusieurs décennies, et si elles sont anti-américaines vous ferez au pire figure de bon gars qui lance le débat.
A l'inverse dites que Nicolas Sarkozy est la victime d'une diaspora de gauche frustrée et haineuse qui n'a jamais digéré son élection, et vous êtes un sale facho. En écrivant Le terrorisme Intellectuel, Jean Sévilla avait déjà tout juste.
Mais revenons à notre président. Que lui reproche-t-on au juste ? D'abord l'étalage de sa vie privée. Soit. Mais qui étale sa vie privée ? La presse, exclusivement. Et il est amusant de constater non les dérives de cette dernière, car le mouvement est tout à fait contrôlé, mais plutôt les écarts qu'elle consent à ses sacro saints principes lorsqu'il s'agit de descendre l'ennemi désigné par le Parti.
Ainsi un quotidien d'information national comme Libération n'hésite pas à publier à la Une la photo des bourrelets de Nicolas Sarkozy en vacances.
Est-ce une info nationale ? Non. A-t-il déjà fait dans son histoire une telle Une ? Pas à ma connaissance. L'aurait-il fait de Ségolène Royal si elle avait été élue ? Probablement pas.
Plus récemment, le Nouvel Observateur publie le contenu d'un SMS à caractère privé envoyé par le président. Là aussi, y a-t-il eu un précédent ? Jamais. Aurait-il publié un juteux SMS de Ségolène Royal envoyé à François Hollande ? On peut en douter.
Ainsi jour après jour les médias solidement à gauche tels Libération ou Marianne, affichent-ils plus lourdement Nicolas Sarkozy et sa vie privée que ceux considérés de droite. "Sarkozy, c'est ceux qui l'aiment le moins qui en parlent le plus !", pourrait-on naïvement penser.
Mais il n'y a rien de naïf dans le procédé. La presse, dont les chevilles ouvrières sont majoritairement à gauche (et je suis très bien placé pour l'affirmer), joue un double jeu de déstabilisation : on "couvre" la vie de Nicolas Sarkozy jusqu'à l'écœurement d'une main, et on agite de l'autre la haine populaire en se plaignant d'une "omniprésidence".
La ficelle est certes énorme, mais ce n'est pas nouveau : plus c'est gros, plus ça marche. Et que le déchainement de haine atteigne son paroxysme précisément à l'approche des élections municipales n'est probablement pas un hasard non plus.
La presse, donc, expose ad nauseam la vie de notre président, et elle s'en plaint. Mais n'est-elle pas libre ?
Surtout une telle presse de gauche, qui se targue d'indépendance vis-à-vis du pouvoir, voire d'un statut de "rebelle" ou de "résistant" pour les plus à gauche. Vivons-nous dans un état communiste où les journalistes qui refuseraient de couvrir les vacances du président seraient déportés ?
Fort heureusement non. C'est donc volontairement que ses petits soldats suivent les déplacements d'un président qu'il haïssent et livrent en pâture les détails de sa vie privée. On peut certes louer leur abnégation et leur sacrifice à la cause. Avec les slogans creux, la gauche a toujours été très forte pour les sacrifices idéologiques.
Bien sûr, les votants à gauche qui auraient survécu jusqu'ici objecteront que la presse est aux ordres du gouvernement, c'est bien connu.
C'est pourtant la même presse qui a dissimulé pendant des années avec bienveillance les égarements autrement plus lourds de François Mitterand, qui se jette aujourd'hui sur le SMS de Nicolas Sarkozy comme une hyène lubrique. Qui est aux ordres de qui ?
Pourtant, qu'est-ce qui gène au juste chez notre président ?
Porter une Rolex, aller avec la belle-famille à Eurodisney ou prendre quatre jours de vacances en Egypte ? Avoir des amis fortunés, peut-être ? Ou pire : porter des lunettes de soleil ?
L'essentiel de la critique est effectivement dans le style, et non le contenu. On reconnait là aisément une double pratique chère aux militants de gauche : l'attaque personnelle et la haine du riche. Cette jalousie omniprésente qui pousse à haïr celui qui a réussi, qu'il s'agisse de l'inconnu qui roule en Hummer ou du voisin qui s'est offert une piscine. La jalousie est la marque de fabrique des militants de gauche, et on retrouve ce sceau immanquable dans la totalité des attaques contre Nicolas Sarkozy.
Bien entendu, la haine ne serait pas aussi féroce si le président ne représentait pas une menace bien réelle pour l'idéologie chérie des gens de gauche. Jacques Chirac était probablement plus riche et avait des amis plus influents que Nicolas Sarkozy, mais il avait le bon goût de ne pas les étaler afin de ne pas froisser nos gauchistes, et surtout, de ne rien changer en France.
Nicolas Sarkozy, lui, compte réformer le droit du travail, les régimes spéciaux de retraite, la représentativité syndicale, les universités et l'immigration. Autant de chevaux de batailles majeurs des gauchistes qui exigent depuis des lustres, dans l'ordre :
- Que les entreprises demeurent les vaches à lait qu'elles sont, et ne puissent embaucher ou licencier librement. La liberté, c'est pas pour ces salauds de patrons.
- Quel les fonctionnaires privilégiés continuent à l'être au détriment des citrons pressés du privé.
- Que les bastions marxistes capables de paralyser le pays à chaque vacances scolaire continuent à être grassement financés par le contribuable.
- Que l'Education Nationale ruinée, mais marxisée jusqu'à la moelle, ne puisse pas bénéficier de fonds privés. Par principe. Et on ne rigole pas avec les principes Marxistes.
- Que l'on ne soit pas en mesure de décider qui peut venir vivre en France et bénéficier d'aides sociales financées par tous, et surtout dans quelles proportions. C'est ruineux mais au moins parfaitement politiquement correct.
Bref, la dispora de gauche qui de tout temps a pris l'habitude de décider pour le peuple ce qui est bon de penser sent le vent tourner. Une majorité de français souhaite s'affranchir de son joug et ça, elle n'est pas prête de l'accepter.
Nicolas Sarkozy est en première ligne, certes. Mais après lui tout autre gouvernement de droite qui serait en mesure de réaliser ces mêmes réformes se heurtera de la même manière aux conservateurs de gauche rétifs à toute évolution.
Amis de gauche, sachez que vous pouvez descendre Nicolas Sarkozy autant que vous le souhaitez, cela ne changera rien à ce désir de réforme, ni a sa nécessité.
Du bilan désastreux de Romano Prodi en Italie aux dérives gaucho-fascistes de Chavez au Vénézuela, en passant par l'incapacité chronique de la gauche française à apporter quoi que ce soit au débat, le socialisme fait chaque jour la preuve de son inutilité.
Ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui est un danger pour la gauche, mais sa propre vacuité. Et ça, vous n'y pourrez rien changer.

0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home