Sabotages

On apprend ce matin que plusieurs dizaines de kilomètres de lignes TGV ont été sabotés. Des incendies électriques ont frappés des installations centrales afin de neutraliser efficacement le trafic.
La SNCF a porté plainte et seule l'enquête pourra identifier avec certitude les auteurs de ce que la direction appelle déjà "des actes coordonnés de sabotage".
Je me laisserai toutefois aller à une supposition. Appelons ça une intuition. Des actes de sabotages coordonnés contre l'outil de travail et de production, en période de grève, ce n'est pas nouveau. Au début de la seconde guerre mondiale, et plus encore durant la guerre d'Indochine, les militants communistes, et la CGT en particulier, n'hésitaient pas à se livrer au sabotage.
L'histoire du navire de ravitaillement Le Pasteur en est un très bon exemple (lire à ce sujet L'Armée de l'air en Indochine, 1945-1954 : l'impossible mission, par Philippe Gras). Plus récemment, la CGT EDF n'a pas hésité à recourir aux coupures de courant durant ses grèves (belle illustration, au passage, du peu d'honneur et de conscience professionnelle des syndicalistes gauchistes).
Ces syndicats ont, aujourd'hui encore, toutes les raisons de saboter les lignes SNCF. En bons gauchistes, ils ne peuvent accepter que certains de leurs collègues refusent la grève et décident de travailler. Dans une persistance effrayante des procès staliniens et une belle illustration du climat de délation cher aux communistes, la liste des "renards", c'est à dire des non-grévistes, et aujourd'hui encore affichée près du braséro des cégétistes.
Les militants SUD ou CGT souvent bas du front n'ont que faire de la notion de liberté, qu'elle soit de travailler ou de circuler. Pour eux toutes les actions sont bonnes pour imposer leur vision au "peuple", qui est comme chacun le sait trop stupide pour penser correctement.
Si le seul moyen de s'assurer que les trains ne circulent pas est de saboter les voies, je doute qu'une quelconque morale ne les retiennent. Un militant SUD ou CGT est avant tout communiste, et non un employé de la SNCF ou un citoyen français.
Espérons que l'enquête permette de connaitre les auteurs de ces sabotages. Hélas, je doute qu'elle aille à terme s'il s'agit de militants gauchistes (comme lors du saccage récent de gare SNCF de province). Nous sommes encore dans un pays où il ne faut surtout pas penser - et encore moins dire - du mal des communistes. Ce serait, comme ils disent si bien, "monter les gens les uns contre les autres".
Non, en fait ce serait surtout exposer le fascisme et le terrorisme organisé par les syndicats révolutionnaires. Et ça, c'est toujours tabou par chez nous, alors que nous n'avons pas encore rejeté le révisionnisme historique communiste.
Mais attendons plutôt les conclusions de l'enquête. L'œuvre de radicaux autonomes - plus révolutionnaires ou désabusés que la base de la base, si cela est possible - n'est pas à exclure non plus.
Pour l'heure, les sabotages ayant également concernés l'arrêt de systèmes de signalisation, l'intervention d'habitués de ces systèmes semble probables. SUD, plus radical que la CGT dans ce conflit, est bien entendu montré du doigt.
Wait and see... je serai le premier heureux d'avoir tort.

0 Comments:
Enregistrer un commentaire
<< Home