27 novembre 2007

Mini motos, gros cons

Que nous enseigne l'accident de mini-moto qui a provoqué la mort de deux adolescents à Villiers-le-Bel ?

Qu'en dépit de la tristesse subie par leurs proches, les deux adolescents méritent probablement leur sort autant que ceux qui fuient la police en se cachant dans un transformateur EDF ? Certes.

Qu'il était temps que les conducteurs de ces engins (pilotes serait leur faire trop d'honneur) paient le prix de leur stupidité, après toute une série d'accident récents dans lequel des enfants habitants les cités ont été percutés par des mini motos sans que l'on manifeste pour eux ? Aussi. Mais ce n'est pas le plus important.

L'enseignement principal est que la République ne fait plus la loi sur son territoire. Bien entendu, nous le savions déjà. Mais ce soir, c'était clairement affiché dans les colonnes des quotidiens nationaux : "Ils ont pris possession d’un rond-point dont les CRS ne sont pas parvenus à les déloger", rapporte une dépêche de l'AFP en parlant des jeunes racaillons. Ce soir, donc, des forces étrangères se sont emparée d'une parcelle du territoire français, à quelques dizaines de kilomètres de Paris, sans que nos forces armées ne soient capables de les déloger.

Prochaine étape ? La prise des Champs-Elysées par l'armée des capuches Addidas ?

21 novembre 2007

Sabotages


On apprend ce matin que plusieurs dizaines de kilomètres de lignes TGV ont été sabotés. Des incendies électriques ont frappés des installations centrales afin de neutraliser efficacement le trafic.

La SNCF a porté plainte et seule l'enquête pourra identifier avec certitude les auteurs de ce que la direction appelle déjà "des actes coordonnés de sabotage".

Je me laisserai toutefois aller à une supposition. Appelons ça une intuition. Des actes de sabotages coordonnés contre l'outil de travail et de production, en période de grève, ce n'est pas nouveau. Au début de la seconde guerre mondiale, et plus encore durant la guerre d'Indochine, les militants communistes, et la CGT en particulier, n'hésitaient pas à se livrer au sabotage.

L'histoire du navire de ravitaillement Le Pasteur en est un très bon exemple (lire à ce sujet L'Armée de l'air en Indochine, 1945-1954 : l'impossible mission, par Philippe Gras). Plus récemment, la CGT EDF n'a pas hésité à recourir aux coupures de courant durant ses grèves (belle illustration, au passage, du peu d'honneur et de conscience professionnelle des syndicalistes gauchistes).

Ces syndicats ont, aujourd'hui encore, toutes les raisons de saboter les lignes SNCF. En bons gauchistes, ils ne peuvent accepter que certains de leurs collègues refusent la grève et décident de travailler. Dans une persistance effrayante des procès staliniens et une belle illustration du climat de délation cher aux communistes, la liste des "renards", c'est à dire des non-grévistes, et aujourd'hui encore affichée près du braséro des cégétistes.

Les militants SUD ou CGT souvent bas du front n'ont que faire de la notion de liberté, qu'elle soit de travailler ou de circuler. Pour eux toutes les actions sont bonnes pour imposer leur vision au "peuple", qui est comme chacun le sait trop stupide pour penser correctement.

Si le seul moyen de s'assurer que les trains ne circulent pas est de saboter les voies, je doute qu'une quelconque morale ne les retiennent. Un militant SUD ou CGT est avant tout communiste, et non un employé de la SNCF ou un citoyen français.

Espérons que l'enquête permette de connaitre les auteurs de ces sabotages. Hélas, je doute qu'elle aille à terme s'il s'agit de militants gauchistes (comme lors du saccage récent de gare SNCF de province). Nous sommes encore dans un pays où il ne faut surtout pas penser - et encore moins dire - du mal des communistes. Ce serait, comme ils disent si bien, "monter les gens les uns contre les autres".

Non, en fait ce serait surtout exposer le fascisme et le terrorisme organisé par les syndicats révolutionnaires. Et ça, c'est toujours tabou par chez nous, alors que nous n'avons pas encore rejeté le révisionnisme historique communiste.

Mais attendons plutôt les conclusions de l'enquête. L'œuvre de radicaux autonomes - plus révolutionnaires ou désabusés que la base de la base, si cela est possible - n'est pas à exclure non plus.

Pour l'heure, les sabotages ayant également concernés l'arrêt de systèmes de signalisation, l'intervention d'habitués de ces systèmes semble probables. SUD, plus radical que la CGT dans ce conflit, est bien entendu montré du doigt.

Wait and see... je serai le premier heureux d'avoir tort.

14 novembre 2007

Dictature-sur-Fac


Si un front de la lutte (j'ai presque vomi en utilisant ce mot) sociale (et voilà que ça recommence) est particulièrement instructif de la pensée gauchiste, c'est bien celui des étudiants.

Encore trop jeunes et trop cons pour être filous, trop benêts pour savoir noyer le poisson en essayant de se faire passer pour de braves types (comme tente de le faire Bernard Thibault), les étudiants ont donc tout le loisir de n'être que gauchistes. Purement gauchistes, tendance gauchisme minéral, même.

Et donc dictateurs.

Il est vrai qu'on n'échappe pas à sa nature. Et pour illustrer mon propos, je n'ai rien trouvé de mieux qu'un nouvel extrait de Libération. Il se passe de tout commentaire.

"La veille, 62 % des étudiants avaient voté à bulletins secrets en faveur du déblocage. Mais le scrutin n’a pas été reconnu par un groupe de protestataires, notamment SUD Etudiant, dénonçant «la tentative déguisée de briser le mouvement sous couvert de démocratie»".

Libération, rédigé lui par des gauchistes plus âgés, qualifie simplement la situation de "confuse".

Euphémisme gauchiste

Au détour de Libé, dans un article relatant "de l'intérieur" (camaraderie gauchiste oblige) l'ambiance d'un camp de grévistes, on peut lire une petite phrase qui en dit long :

"Les autres houspillent gentiment les «vendus et les jaunes» qui filent discrètement en dehors du dépôt en tenue de service".

Bien sûr, cela sort des colonnes de Libération, comme les termes "houspiller" et "gentiment" le laissent aisément deviner. Mais la réalité est tout autre : les grévistes, en bons gauchistes, refusent à autrui la liberté de penser, et se croient autorisés à l'insulte lorsque quelqu'un a décidé d'aller travailler en passant outre la loi martiale syndicale.

Pour des gens qui ne disposent d'aucun mandat, d'aucune législature, d'aucune existence démocratique, leur "houspillage" sonne comme une véritable insulte à la démocratie et à la liberté.